Biotech vs. Medtech : Comprendre les différences pour votre portefeuille suisse

Apprenez pourquoi les investissements dans les biotechnologies et les technologies médicales présentent des risques et des avantages différents. Découvrez quel secteur des sciences de la vie correspond le mieux à vos objectifs financiers.

La Suisse est réputée pour son industrie des sciences de la vie. Ce secteur rapporte plus de 24 milliards de francs suisses chaque année. Toutefois, cet argent provient de deux types d'entreprises très différents. La première voie est celle de la biotechnologie. Ces entreprises créent de nouveaux médicaments. L'autre voie est celle de la medtech. Ces entreprises construisent des appareils médicaux.

Pour les investisseurs de Zurich, Genève et Bâle, ces deux secteurs suivent des règles différentes. Une société de biotechnologie peut mettre 15 ans et 200 millions de francs suisses avant de vendre un seul produit. Une entreprise de technologie médicale peut commencer à vendre des appareils en seulement trois ans avec 20 millions de francs suisses. Les risques sont également différents. Même les lieux d'implantation varient. Bâle est le centre de la biotechnologie. Zurich est le leader en matière d'outils de technologie médicale.

Vous devez connaître ces différences avant d'investir. Ce choix modifie la durée d'attente des bénéfices et le niveau de risque que vous prenez.

Qu'est-ce que la biotechnologie et la technologie médicale ?

Les entreprises de biotechnologie fabriquent des médicaments. Ce groupe comprend les pilules, les anticorps et les thérapies géniques. Il s'agit de traitements qui pénètrent dans le corps du patient. L'objectif principal est de prouver qu'un nouveau médicament est sûr et qu'il fonctionne bien. Ce processus s'effectue par le biais d'essais cliniques sur des êtres humains.

Les entreprises de medtech construisent des outils et des machines. Ce groupe comprend les outils chirurgicaux, les implants, les tests et les applications de santé numérique. Ces produits sont des matériels ou des logiciels. Ils aident les médecins à détecter les maladies ou à traiter les patients en utilisant la mécanique plutôt que la chimie.

Le marché suisse illustre clairement ce clivage. Environ 1’000 entreprises travaillent dans le domaine de la biotechnologie. Elles réalisent un chiffre d'affaires de 6,7 milliards de francs suisses. Environ 1’400 entreprises de medtech emploient 63’000 personnes. Elles produisent 18 milliards de francs suisses par an. La Suisse détient environ 5% du marché mondial des technologies médicales.

Pour les investisseurs, cette différence de taille est un signe. La technologie médicale est un marché plus mûr, avec un chiffre d'affaires plus élevé. La biotechnologie se concentre davantage sur le développement à haut risque de nouveaux traitements.

Délai de commercialisation : Années ou mois

L'homologation d'un médicament prend beaucoup de temps. Une société de biotechnologie commence par des tests sur des animaux. Cette phase dure de trois à six ans. Ensuite, elle entame les essais de phase I pour tester la sécurité chez l'homme. Cette étape dure un à deux ans. Les essais de phase II testent l'efficacité du médicament sur 100 à 300 patients. Cette phase dure deux à trois ans. Les essais de phase III vérifient les résultats sur de grands groupes de 300 à 3 000 patients. Cette partie dure trois à quatre ans. Enfin, le gouvernement examine le médicament pendant encore un an ou deux.

Le délai total est de 10 à 15 ans.

Le taux de réussite est faible. Seuls 7% à 11% des médicaments qui commencent les essais sont approuvés. La plupart échouent au cours de la phase II parce qu'ils ne sont pas assez efficaces. Les médicaments contre le cancer ont un taux de réussite encore plus faible.

Les dispositifs médicaux suivent une voie plus rapide. Swissmedic les classe par risque. L'approbation d'articles simples comme les bandages (classe I) prend des semaines. Les dispositifs à risque moyen, comme les pompes à insuline (classe IIa), prennent 3 à 6 mois. Les dispositifs à haut risque, comme les valves cardiaques (classe III), prennent de 12 à 18 mois.

Le délai total pour un dispositif standard est de deux à quatre ans.

Le coût est à la hauteur du temps. La fabrication d'un nouveau médicament coûte entre 1,3 et 2,6 milliards d'USD. Un dispositif médical à haut risque coûte entre 50 et 100 millions d'USD. Un dispositif standard coûte encore moins cher, souvent entre 10 et 50 millions d'USD.

Argent nécessaire pour atteindre le profit

Une jeune entreprise de biotechnologie dépense de l'argent pendant une décennie avant de gagner quoi que ce soit. Elle a besoin de 10 à 30 millions de francs suisses pour démarrer. Les essais ultérieurs coûtent entre 50 et 150 millions de francs. L'entreprise pourrait être rentable dans 12 à 18 ans.

Les entreprises de technologie médicale peuvent vendre des produits beaucoup plus rapidement. Une entreprise peut construire et tester un prototype en deux ans environ. Les premières ventes ont souvent lieu entre la deuxième et la quatrième année.

Cette lacune est importante pour votre portefeuille. La biotechnologie immobilise votre argent pour une longue période. La technologie médicale offre des résultats plus rapides.

Comparaison des risques

Le risque biotechnologique est “binaire”. Ce terme signifie que c'est tout ou rien. Soit un médicament fonctionne lors des essais, soit il ne fonctionne pas. Si un médicament échoue à un essai tardif, la société peut perdre 90% de sa valeur du jour au lendemain. Environ 40% à 50% des investissements en biotechnologie sont des pertes totales. Toutefois, une seule grande victoire peut compenser de nombreuses pertes.

Le risque lié aux technologies médicales est “itératif”. Ce concept signifie que les entreprises peuvent améliorer leur produit. Si la première version d'un dispositif n'est pas parfaite, l'entreprise peut construire une deuxième version plus performante. Elles utilisent le retour d'information des clients pour résoudre les problèmes. Les pertes totales dans le secteur de la technologie médicale sont de l'ordre de 30% à 40%. Les chances sont légèrement meilleures car les entreprises peuvent corriger leurs erreurs.

Les technologies médicales sont confrontées à un autre défi, celui du remboursement. Ce n'est pas parce qu'un dispositif est approuvé que l'assurance le prendra en charge. Environ 30% à 40% des nouveaux dispositifs peinent à être couverts par l'assurance au cours des deux premières années.

Comment les entreprises se retirent

La plupart des entreprises de ces deux secteurs sont rachetées par des sociétés plus importantes. Il est rare qu'elles vendent immédiatement des actions au public sur le marché boursier. Les grandes sociétés pharmaceutiques comme Roche et Novartis achètent souvent des jeunes entreprises de biotechnologie. Roche et Novartis sont basées à Bâle.

Les entreprises zurichoises de technologie médicale sont souvent vendues à des leaders internationaux dans le domaine des appareils médicaux. Par exemple, une entreprise appelée Distalmotion a été vendue pour 180 millions de francs suisses en 2023.

Les investisseurs en biotechnologie peuvent attendre 10 à 15 ans pour sortir de l'entreprise. Les investisseurs dans le domaine de la technologie médicale prévoient généralement une sortie au bout de 7 à 12 ans.

Bâle vs. Zurich

La région de Bâle compte plus de 700 entreprises spécialisées dans les sciences de la vie. La plupart d'entre elles sont des entreprises biotechnologiques ou pharmaceutiques. La présence de Roche et de Novartis crée un vaste réservoir de talents. Les scientifiques quittent souvent ces grandes entreprises pour en créer de nouvelles. Bâle est le lieu de développement des médicaments.

Zurich compte environ 350 entreprises de technologie médicale. Cette région s'appuie sur les talents d'ingénierie de l'ETH Zurich. L'accent est mis sur la robotique, la santé numérique et les outils. Zurich est la plaque tournante des dispositifs médicaux et des logiciels.

Comment construire votre portefeuille

Les experts suggèrent de détenir 15 à 20 actions biotechnologiques pour être sûr. Cette stratégie vous protège si plusieurs d'entre elles échouent. Pour les technologies médicales, vous n'aurez peut-être besoin que de 10 à 15 sociétés, car le risque est moindre.

Les investisseurs prudents dans le domaine des sciences de la vie pourraient placer 20% à 30% de leur argent dans la biotechnologie et le reste dans la technologie médicale. Cette combinaison est axée sur des échéances plus courtes. Les investisseurs qui peuvent attendre plus longtemps peuvent placer 60% à 70% dans la biotechnologie.

Vous devez également vérifier les progrès de l'entreprise. Une société de biotechnologie disposant de données de phase II est plus sûre qu'une toute nouvelle société. Une entreprise de technologie médicale qui a des ventes est plus sûre qu'une entreprise qui n'a qu'un prototype.

Ce qu'il faut rechercher

Lorsque vous consultez une société de biotechnologie, demandez des données cliniques. Vous voulez voir les résultats en matière de sécurité. Vérifiez également si la société est propriétaire de ses idées (propriété intellectuelle). Méfiez-vous si la société prétend avoir une science “révolutionnaire” mais ne dispose d'aucune preuve émanant d'experts.

Lorsque vous vérifiez une entreprise de technologie médicale, recherchez les approbations. Demandez si les compagnies d'assurance prennent en charge le dispositif. Assurez-vous que l'entreprise dispose d'une usine ou d'un partenaire prêt à fabriquer le produit. Évitez les entreprises qui n'ont pas de commandes réelles de la part de leurs clients.

L'avantage suisse

La Suisse se classe au premier rang mondial en matière d'innovation. Le pays produit de nombreux brevets dans le domaine des sciences de la vie. Swissmedic est un organisme de réglementation respecté. Les autorisations délivrées ici aident les entreprises à vendre leurs produits dans d'autres pays.

Le marché suisse étant relativement petit, les entreprises doivent immédiatement vendre à l'échelle mondiale. C'est pourquoi les startups suisses sont préparées à la croissance internationale dès le premier jour.

Faire son choix

La biotechnologie et la technologie médicale sont des voies différentes. La biotechnologie s'adresse aux investisseurs qui peuvent attendre 10 à 15 ans. Vous devez être en mesure de tolérer le risque qu'un médicament échoue complètement. La technologie médicale s'adresse aux investisseurs qui souhaitent vendre dans les cinq ans. Vous devez faire face à des risques liés à la conception et à la couverture d'assurance.

Vous n'êtes pas obligé d'en choisir un seul. De nombreux investisseurs possèdent les deux. Des plateformes comme CapiWell aident les investisseurs suisses à faire ces choix. CapiWell vous permet d'équilibrer des paris plus risqués avec des investissements alternatifs stables grâce à une approche multi-actifs. Cette stratégie vous aide à gérer les risques tout en recherchant la croissance dans les domaines de la biotechnologie et de la technologie médicale.

Références (APA)

  • Association suisse de biotechnologie, “Swiss Biotech Report 2024”.”
  • Swiss Medtech Association, “Swiss Medtech Industry Report 2023” (Rapport sur l'industrie suisse des technologies médicales 2023)”
  • Switzerland Global Enterprise, “Aperçu de l'industrie des sciences de la vie” (2024)
  • Hochschule Luzern, “Crowdfunding Monitor Schweiz 2025” (2025)
  • Swissmedic, Guide officiel “Autorisation de mise sur le marché” (2024)
  • Swissmedic, “Medical Devices” regulatory guidance (2024)
  • BIO (Biotechnology Innovation Organization), “Clinical Development Success Rates 2011-2020” (2021)
  • Centre Tufts pour l'étude du développement des médicaments (2023)
  • MedTech Europe, “EU MDR Implementation Survey” (2023)
  • PhRMA (Pharmaceutical Research and Manufacturers of America), “Drug Development Process” (2023)
  • Basel Area Business & Innovation (2024)
  • Greater Zurich Area AG (2024)
  • Classement mondial des universités QS 2024
  • Startupticker.ch, diverses annonces de financement (2022-2024)
  • Indice VC de Cambridge Associates
  • Office fédéral de la statistique

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